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Dans quelques jours je pourrais souffler sur la bougie du blog... mais ça serait un peu se moquer de vous tout de même. Je me trompe ?
Oui, le 2 juillet 2008 je créais ce site – qui porte modestement mon nom – et je me lançais dans la rédaction d'un véritable blogzine : un jour un article. Ça a duré précisé neuf semaines et le dernier article laissé en page d'accueil était L'homme qui tombe de Don DeLillo (un livre génial, soit dit en passant). Mais que s'est-il passé depuis ? Neuf mois.
Le lancement de Fringe
La chute de 6,39% à la Bourse de Paris
L'élection de Barack Obama
Las Vegas sous 15 centimètres de neige
L'entrée de la Slovaquie dans la zone euro
Slumdog Milionaire et ses huit Oscars
La mort Alain Bashung
Le séisme de magnitude 6,3 au centre de l'Italie
La victoire d'Alexander Rybak à l'Eurovision (et par conséquent la défaite de Patricia Kaas)
La disparition du Vol 447 Air France
Si peu de choses en somme.
Et que faisais-je pendant tout ce temps ?
Je divaguais. Je vivais modestement ma vie sans me soucier des statistiques de mon blog. Sans me réveiller le matin et me dire « que vais-je bien raconter à mes chers lecteurs ? » Je suivais tranquillement mes cours. Lisais À la recherche du temps perdu, me prenais la tête avec mon couple, avec mes études, avec mes parents... la Vie quoi !
!... avant de revivre, j'ai laissé un petit message d'adieu. Je quittais éphémèrement la scène, baissais le rideau, laissais couler l'eau sous les ponts, etc.
Pourquoi ? Oui pourquoi ?!
Parce que mon projet était bafoué. Écrire, juste écrire. Tel était mon but originel. Seulement, durant ce bref voyage, je me suis corrompu. Embarqué dans la spirale de l'audience dans l'espoir de trouver mon blog en tête des pages de google.
Mais qu'est google ? Une illusion de plus.
J'aurais pu le supprimer. En effet. Un clic. Boum. Plus rien. On repart à zéro. On avance...
– ou pas –
Et le temps a passé.
J'ai surfé. J'ai lu des blogs et des blogs, des sites et des sites, des articles et des articles, des billets et des billets. J'ai fouillé, farfouillé, fouiné et farfouiné...
le monde
Libération
un blog personnel
un blog d'illustrations humoristiques
un blog de créations « poétiques »
un blog d'auteur
j'allais de pages en pages, de clic en clic, de désarroi en désarroi et je me disais : « c'est donc cela le net ? » Des milliards et des milliards de pages sur... rien ?
L'actualité : la forme, l'audience à défaut du fond et de la recherche. Le blog personnel : un simple déballage de vie, photos et mièvrerie à l'appui. Le blog d'illustrations : toujours frustré, après trente secondes de lecture. Le blog de créations « poétiques » : un pauvre type qui cherche à faire son baudelaire deux siècles en retard. Et l'auteur... l'auteur... trois paragraphes par jour. Une bonne phrase par semaine noyée dans la masse...
Où est passé le temps de la rédaction ? Où est passée la liberté de l'artiste ? Où est passée la recherche, l'enquête, l'amour du travail bien fait ?
Internet n'est donc qu'un florilège de dépêches entre quatre publicités ? Internet n'est donc que la recherche de la célébrité – éphémère ?
Oui, je suis passé par là. Oui j'ai voulu tout arrêter. Mais si personne ne pose la première pierre, le net ne restera que ça : un ramassis de moisissure.
Je ne proclame rien. Je ne manifeste rien. Je ne recherche rien. Seulement un havre de paix, un lieu paisible où l'on prend son temps, où l'on se pose pour réfléchir, juste dix minutes, dans une sphère où l'on clique toujours plus vite que son ombre.
C'est à prendre ou à laisser.