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- Société -
C'est une bonne question, en effet. Depuis que Nicolas Sarkozy est au pouvoir, les grèves se font plus nombreuses, et plus souvent. Auparavant, nous avions une année, au
moins, sans grève. Seulement, les élèves ne sont pas encore rentrés que les enseignants se révoltent.
Oui, ces chers instituteurs ont découvert le nouveau programme, vous savez celui où l'on revoit les fondamentaux. Dans les grandes lignes, il impose déjà le samedi sans cours, afin que les élèves puissent avoir une meilleure pratique scolaire et que des heures de cours soient libérés pour les professeurs afin qu'ils organisent des stages de soutien aux élèves en difficulté. Les programmes n'a pas de grands changements, à part le nombre d'heures qui diffèrent ; par exemple, il y a moins d'heures pour l'histoire/géographie.
Mais pourquoi ne sont-ils pas contents les professeurs, puisque déjà on leur donne une journée de plus de libre ? Ne travaillent-ils pas déjà peu avec 26 heures de cours par semaine et des vacances en veux-tu en voilà ?
Seulement, tout n'est pas aussi simple au pays de Sarko. Déjà, les stages de soutien vont leur rajouter du travail, en classe, et à la maison, parce que ça veut dire plus de travail de préparation de cours spécifiques, des corrections en plus. D'autre part, le nouveau programme impose deux heures de soutien. Ce qui pose le même problème pour les enseignants.
Mais bon... s'il n'y avait que les enseignants à en souffrir, ça irait. Or, qu'est-ce que des heures de soutien en plus ? N'est-ce pas de la poudre aux yeux ? Est-ce que les élèves seront plus productifs à 18 heures, pendant une heure, qu'à huit heures du matin ? Les élèves comprendront-ils plus tel théorème en deux fois moins de temps ? Ceux qui iront à ces cours de soutien ne seront-ils pas la risée de la classe ? Les enfants qui iront, ne seront-ils pas aussi peu attentifs et intéressés que pendant les sept heures de classe quotidiennes ? La réforme ne devrait-elle pas se cantonner aux nombres d'élèves par classe, qui est ingérable, et pour les enfants et pour les enseignants ? Deux fois moins d'élèves pour le même temps de cours ne serait-il pas plus simple ?
Bien sûr que non ! Il faut les payer ces enseignants ! Nous sommes dans une démarche de réduction des coûts, dans une démarche d'économie où le savoir n'est plus devenu un « fondamental », où la rentabilité d'une heure de cours est plus importante que son contenu. Oui, les petits français travaillent plus longtemps en cours et font moins gagner à l'État, mais réduire les heures de cours ne changera rien : les moyens seront toujours aussi limités et en voie de disparition.
Tant pis. Libérale économie, libérale éducation.
Tout se paie dans une démocratie. Seulement Michelet ne disait-il pas que la démocratie serait réellement quand l'éducation sera à la hauteur d'un peuple ? Qu'en est-il aujourd'hui ? La démocratie est à l'image du gouvernement : hypocrite – seule l'image importe – pathétique – on ne fait que des mesures pour ceux qui en ont le moins besoin – et lamentable – on travaille moins pour le peuple et plus pour les dirigeants.
Welcome to the rare powerful !
Bonne semaine !
Etienne.
L'actualité en bref : Bernard Thibault appelle à la mobilisation le 7 octobre pour manifester pour « le travail décent, les salaires, les emplois stables ou la protection sociale » !
A venir : Le soldat rose !