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Éditions du Panama, Paris, 2008
- E4 -
Cette année, le roman jeunesse de l'année
risque malheureusement d'être à nouveau Harry Potter et les reliques de la mort, étant donné qu'en octobre prochain il sort en poche. A cette occasion, ne vous en faîtes pas, je ferai un
point sur la saga Harry Potter, créée par J.K. Rowling. Mais étant donné qu'il s'est vendu comme des petits pains l'an passé, je pense que d'autres roman jeunesse pouvoir enfin avoir à
nouveau leur place sur les étagères des petits français. Et cette année je peux parier sur Le petit Gus, de Claudine Desmarteau. Malheureusement pour lui, ça n'est pas Gallimard, alors
j'espère qu'il va avoir le destin qu'il mérite.
Qu'est Le petit Gus ? C'est un roman jeunesse. Je peux vous dire de suite que j'en ai lu quelques-uns dans ma vie, et que ce ne sont pas ceux que je préfère. Je suis désolé, mais je n'accroche pas. Et pourtant... il y a quelques exceptions. Harry Potter déjà, comme à peu près quelques millions d'adultes dans le monde, et ce petit roman.
Le titre ne vous fait penser à rien ? Au Petit Nicolas peut-être... Eh bien bingo ! Dans la page qui pourrait faire office de préface, l'auteure nous dit qu'elle a écrit ce roman en hommage à l'oeuvre de Goscinny et Sempé.
Mais de quoi parle Le petit Gus ? Il narre tout simplement l'histoire de Gustave, qui n'aime pas son prénom – à peu près comme tout le monde je pense, moi le premier – et qui aurait ADORÉ s'appeler Brad. Mais manque de bol, il n'a pas pu choisir, on ne lui a pas demandé son avis. Tout le monde l'appelle Gus – c'est moins moche, c'est sûr. Il a dix ans, et nous parle sa vie, en commençant pas ses parents, son père qui râle tout le temps, sa mère qui lui fait des câlins quand ça ne va pas, sa soeur, qui écoute tout le temps Nirvana, alors qu'il n'aime pas du tout Nirvana, son frère qui suit la mode et porte des pantalons qui lui font « des pattes de grenouilles ». Puis de l'école, ses camarades, avec forcément ses copains avec qui il échange ses cartes de jeu, et celui qui s'amuse à le frapper tout le temps et l'autre qui lui vole son goûter. Avec sa voix d'enfants et son innocence on découvre ses découvertes, ses points de vue, ses espoirs, et bien sûr, ses désillusions.
J'ai vraiment beaucoup aimé Le petit Gus parce que je trouve que c'est un roman jeunesse différent des autres. Bon, après tout, je n'en ai pas lu beaucoup, mais tout de même. Il a déjà la particularité de pouvoir plaire autant aux enfants qu'aux adultes – moi le premier. En effet, j'ai eu le plaisir de découvrir le décalage qu'il y a entre Gustave et moi, entre la nouvelle génération et moi. Oui, quand j'étais jeune, Internet apparaissait, je n'avais pas de jeux vidéos et MSN n'existait pas ; tandis que Gus voit son frère parler sur MSN à sa copine et se faire larguer par texto. Ce qui le fait se demander comment les enfants avant faisaient pour ne pas s'ennuyer sans ordinateur. Je le trouve intéressant dans le sens où une vision d'enfant sur notre nouvelle génération est assez rafraîchissante et donne vraiment à réfléchir. Sans compter celle que Claudine Desmarteau donne à voir sur cette dernière génération.
L'ouvrage pousse la perfection jusqu'à être fourni d'illustrations faites au critérium, afin de nous rappeler que c'est un enfant qui écrit et qui dessine. Oui, Le petit Gus est bien écrit à la première personne, en focalisation interne. Cependant, parfois, on sent bien que c'est une personne adulte qui écrit le livre car de temps à autres – peut-être une dizaine de fois – on retrouve des expressions toutes faites, ou simplement bien trop précises, qui ne colle pas avec la voix d'un enfant de dix ans. Mais il ne gâche en rien la lecture.
Pour conclure, c'est une bonne bouffée d'air frais que nous donne à lire Claudine Desmarteau. A lire, à relire, et à offrir à tout le monde !
Bonne lecture !
Etienne.
Information brève ! Elise Ovart-Baratte sort Les Ch'tis, c'était les clichés pour dénoncer l'arnaque que représente Bienvenue chez les Ch'tis. Le film qui se vante d'aller à rebrousse-poils des clichés bien connus sur les gens du nord ne livre en fait, selon elle, qu'un panel de clichés à voir en salle – et bientôt en DVD.
A venir : La rentrée des classes ou la rentrée des grèves ?