Lundi 31 août 2009
États-Unis, HBO, 2008-en production
- E4 -
Après les avoir
enterré pendant six ans avec Six Feet Under, Alan Ball réveille les morts dans True
Blood.
Vous vous en êtes tous rendus compte, j'imagine : nous sommes entrés dans l'ère du vampire. Après le succès planétaire de la série littéraire Twilight, les vampires sont déclinés à volonté – voire à l'infini. La chaîne américaine The CW proposera en septembre prochain la série Vampire Diairies avec entre autres Ian Somerhalder – que nous avions pu découvrir dans Lost où il campait le personnage de Boone Carlyle, et dans Les lois de l'attraction. Et le cinéma n'est pas en reste. On a ainsi pu retrouver en juin 2009 Blood: The Last Vampire, et vous pourrez voir en décembre 2009 L'Assistant du vampire.
C'est en suivant cette mode qu'Alan Ball a créé sa série True Blood, qui a été diffusée pour la première fois en septembre 2008 sur la célèbre chaîne câblée américaine HBO – qui a révélée les plus brillantes séries télévisées de notre époque comme, entre autres, The Sopranos, Sex and the City et Six Feet Under...
Depuis deux ans, les vampires se sont révélés au monde. Seulement, ce dernier ne sait pas comment les gérer. Doit-on les craindre ? Doit-on les rejeter ? Les exterminer ? Si certains peuvent coexister avec l'homme en refoulant ses envies d'hémoglobine, beaucoup ne peuvent s'empêcher de mordre, de sucer et de tuer. Devons-nous accepter d'être la proie ou devenir le prédateur ? Le monde essaie de coexister avec les vampires...
Le sang synthétique est devenu la boisson des vampires qui refusent de boire le sang humain. Ce substitut s'appelle : Tru Blood.
Bon Temps, Louisiane.
Sookie Stackhouse est une jeune femme qui travaille en tant que serveuse pour le seul bar de la ville, Merlotte's. Télépathe, elle est depuis toujours célibataire et quelque peu solitaire. Un jour entre dans le bar Bill Compton, un vampire. Dans cette petite ville du sud des États-Unis, personne n'en avait jamais vu. On craint ce nouveau venu qui semble docile... a priori.
Sookie ne peut entendre les pensées de ce vampire. Il l'intrigue. Beaucoup. Ce silence qui règne lorsqu'elle est seule avec lui l'apaise. Il semble la rendre heureuse. Mais un vampire a des pulsions meurtrières. Un vampire est un prédateur. Un vampire a un passé. Lourd, très lourd. Sookie peut-elle vivre cet amour naissant avec tout ce qu'il implique de mystère et de peur ?
Le synopsis est jeté. À partir de ce point de départ nous découvrons une pléthore de personnages : le frère inconscient et profondément con, Jason Stackhouse, la meilleure amie noire complètement paranoïaque qui pense que tout le monde ne regarde – et juge – que sa couleur de peau, Tara Thornton, le patron fou amoureux de Sookie, Sam Merlotte, ou encore la grande « folle » noire, cuisinier et dealer, Lafayette Reynolds.
Pour commencer, ce qu'il faut dire c'est que True Blood est une adaptation d'une série littéraire de neuf romans écrits par Charlaine Harris, La communauté du Sud, dont le premier tome a paru aux États-Unis en 2001 – soit quatre ans avant Twilight. A priori, lorsqu'on regarde les dates et les situations, il semblerait que Stephenie Meyer ait lu, beaucoup lu même, cette série littéraire. Celle-ci aurait influencé son œuvre même. Ainsi l'amour fou – pour ne pas dire la fascination – d'Edward Cullen pour Bella Swan fondée sur le fait qu'il ne peut lire dans ses pensées fait beaucoup penser à celui de Sookie Stackhouse pour Bill Compton. La relation des deux personnages principaux des deux séries se ressemblent aussi : l'absence de peur, le sacrifice pour l'autre, etc. Il est évident que Twilight fait montre d'originalité dans son oeuvre, mais il est manifeste – et surtout intéressant de voir – que la série littéraire qu'Alan Ball décide d'adapter a influencé l'écriture du nouveau phénomène de librairie mondial.
Les vampires.
La mythologie vampirique sur laquelle se fonde True Blood est beaucoup plus proche de Dracula que celle de Twilight. Les vampires brûlent la journée ; ils dorment dans des cercueils dans lesquels est placée la terre d'où ils ont été enterrés ; on se transforme uniquement si un vampire nous vide de notre sang, nous fait boire le sien et nous enterre avec lui. Seulement, il y a des écarts : les crucifix et l'eau bénite n'anéantissent pas un vampire et ce dernier a bien un reflet dans un miroir. Ces divergences sont assumés et traitées intelligemment : on nous explique qu'il s'agit de rumeurs qui ont été lancées par les vampires eux-mêmes pour les protéger – si l'on dit que les vampires n'ont pas de reflet et que vous en avez un, alors vous n'êtes pas un vampire. Élémentaire mon cher Watson !
Même si l'esthétique de son créateur transparaît dans cette nouvelle œuvre télévisuelle – on retrouve par exemple la même froideur de l'image de la série télévisée, la présence de l'homosexualité et son traitement humoristique, vraisemblable et original –, trois ans après Six Feet Under, Alan Ball continue d'innover et de refaçonner l'image de la série télévisée.
Le générique.
Tandis que la mode de ces dernières années, débutée avec Alias, était au générique réduit à un encart donnant le titre sur un fond neutre, comme Lost, ici Alan Ball nous livre un long générique de 1 minute 27, ce qui est extrêmement long quand on pense qu'un générique moyen dure 44 secondes – regardez par exemple celui des Experts. Celui-ci évacue complètement la présentation des acteurs pour un développement symbolique de la série en puissance. Nous avons une succession d'images montrant la Louisiane avec tout son mysticisme – ou en tout cas celui qu'Alan Ball cherche à développer – et son mystérieux. La musique, Bad Things de Jace Everett, est envoûtante, entêtante et génialissime. Elle porte ces images, leur donne du rythme et accompagne le téléspectateur dans la découverte toujours plus poussée de Bon Temps et ses habitants.
Le découpage.
Une mauvaise adaptation pourront crier sur tous les toits certains. Une génial innovation serais-je plus à même de dire.
En effet, il n'y a aucune intrigue, si ce n'est par saison, au moins par épisode. Le découpage de chaque début et fin d'épisode est abrupte et net, ce qui renforce encore plus la frustration du téléspectateur. L'absence de résumé au début de chaque épisode est déroutante. Avec une telle technique Alan Ball définit déjà son public : il recherche un spectateur attentif, intelligent et ouvert qui le suivra où qu'il aille.
La bande originale. [Écoutez-la ici]
Des images époustouflantes, une maîtrise du rythme à se rouler par terre, mais surtout une bande son jouissif. Encore une fois, dans la lignée de Six Feet Under, Alan Ball utilise la musique de manière originale. Elle ne s'inscrit plus dans une optique de promotion commerciale – on retrouve 99 % du temps des morceaux récents dans les séries, comme le dernier album de Madonna dans Ugly Betty – ou de comblement sonore, mais bien dans celle d'un accompagnement de l'œuvre. Elle sert tout autant que la photographie à enrichir l'identité de la série et ses fondements. On entend ainsi tout au long de la série, des morceaux de country qui est, rappelons-le, la musique préférée des américains, et principalement des américains du sud des États-Unis. Au-delà même de cette identité que la musique renforce, cette dernière devient un appui narratif indispensable : elle permet des décalages marquant l'ironie que l'auteur cherche à créer, elle permet d'accentuer la charge émotionnelle du récit sans pour autant faire appel à une petite musique orchestrale qui se veut légère mais qui a tendance à alourdir les situations – pensons par exemple à son traitement dans Plus belle la vie.
Le surnaturel/le réel.
Les épisodes d'une heure se suivent et se ressemblent, ne racontent rien d'extraordinaire. Seulement la vie de citadin du sud des États-Unis. Cela pourrait être tout à fait juste s'il n'était que la télépathie n'existe pas, les vampires non plus. Les épisodes se présentent comme une longue chronique de la vie ordinaire de personnes qui ne le sont pas. Ce qui déroute, au-delà d'un découpage que l'on n'attend pas à la télévision, c'est le traitement de ce surnaturel. Les images sont froides, les situations découpées au scalpel de la caméra comme s'il s'agissait d'un documentaire de Strip-tease. Le téléspectateur est totalement perdu. Où est le réel ? Où est le fantastique ? La distance entre l'écran et le canapé est rompue. Il ne s'agit plus d'y croire ou pas, mais de se dire « que ferais-je dans cette situation »?
La question du fantastique évacuée, il ne reste que des personnages qui se retrouvent dans des situations crédibles. Oui, Alan Ball a lu Aristote. Il l'a compris. L'important n'est pas de se dire si ça existe ou pas, mais si l'histoire tient la route. Et, oui, elle tient la route. On suit ces personnages tantôt insupportables, tantôt attachants, tantôt marrants, tantôt angoissants avec ardeur.
Est-ce une série fantastique ? Comique ? Dramatique ? À suspense ? On ne saurait le définir véritablement. La seule chose qui soit certaine c'est qu'il s'agit d'un OTNI (Objet Télévisuel Non-Identifié), un régal dont on ne peut s'empêcher d'être mordu.
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Après les avoir
enterré pendant six ans avec Six Feet Under, Alan Ball réveille les morts dans True
Blood.Vous vous en êtes tous rendus compte, j'imagine : nous sommes entrés dans l'ère du vampire. Après le succès planétaire de la série littéraire Twilight, les vampires sont déclinés à volonté – voire à l'infini. La chaîne américaine The CW proposera en septembre prochain la série Vampire Diairies avec entre autres Ian Somerhalder – que nous avions pu découvrir dans Lost où il campait le personnage de Boone Carlyle, et dans Les lois de l'attraction. Et le cinéma n'est pas en reste. On a ainsi pu retrouver en juin 2009 Blood: The Last Vampire, et vous pourrez voir en décembre 2009 L'Assistant du vampire.
C'est en suivant cette mode qu'Alan Ball a créé sa série True Blood, qui a été diffusée pour la première fois en septembre 2008 sur la célèbre chaîne câblée américaine HBO – qui a révélée les plus brillantes séries télévisées de notre époque comme, entre autres, The Sopranos, Sex and the City et Six Feet Under...
Depuis deux ans, les vampires se sont révélés au monde. Seulement, ce dernier ne sait pas comment les gérer. Doit-on les craindre ? Doit-on les rejeter ? Les exterminer ? Si certains peuvent coexister avec l'homme en refoulant ses envies d'hémoglobine, beaucoup ne peuvent s'empêcher de mordre, de sucer et de tuer. Devons-nous accepter d'être la proie ou devenir le prédateur ? Le monde essaie de coexister avec les vampires...
Le sang synthétique est devenu la boisson des vampires qui refusent de boire le sang humain. Ce substitut s'appelle : Tru Blood.
Bon Temps, Louisiane.
Sookie Stackhouse est une jeune femme qui travaille en tant que serveuse pour le seul bar de la ville, Merlotte's. Télépathe, elle est depuis toujours célibataire et quelque peu solitaire. Un jour entre dans le bar Bill Compton, un vampire. Dans cette petite ville du sud des États-Unis, personne n'en avait jamais vu. On craint ce nouveau venu qui semble docile... a priori.
Sookie ne peut entendre les pensées de ce vampire. Il l'intrigue. Beaucoup. Ce silence qui règne lorsqu'elle est seule avec lui l'apaise. Il semble la rendre heureuse. Mais un vampire a des pulsions meurtrières. Un vampire est un prédateur. Un vampire a un passé. Lourd, très lourd. Sookie peut-elle vivre cet amour naissant avec tout ce qu'il implique de mystère et de peur ?
Le synopsis est jeté. À partir de ce point de départ nous découvrons une pléthore de personnages : le frère inconscient et profondément con, Jason Stackhouse, la meilleure amie noire complètement paranoïaque qui pense que tout le monde ne regarde – et juge – que sa couleur de peau, Tara Thornton, le patron fou amoureux de Sookie, Sam Merlotte, ou encore la grande « folle » noire, cuisinier et dealer, Lafayette Reynolds.
Pour commencer, ce qu'il faut dire c'est que True Blood est une adaptation d'une série littéraire de neuf romans écrits par Charlaine Harris, La communauté du Sud, dont le premier tome a paru aux États-Unis en 2001 – soit quatre ans avant Twilight. A priori, lorsqu'on regarde les dates et les situations, il semblerait que Stephenie Meyer ait lu, beaucoup lu même, cette série littéraire. Celle-ci aurait influencé son œuvre même. Ainsi l'amour fou – pour ne pas dire la fascination – d'Edward Cullen pour Bella Swan fondée sur le fait qu'il ne peut lire dans ses pensées fait beaucoup penser à celui de Sookie Stackhouse pour Bill Compton. La relation des deux personnages principaux des deux séries se ressemblent aussi : l'absence de peur, le sacrifice pour l'autre, etc. Il est évident que Twilight fait montre d'originalité dans son oeuvre, mais il est manifeste – et surtout intéressant de voir – que la série littéraire qu'Alan Ball décide d'adapter a influencé l'écriture du nouveau phénomène de librairie mondial.
Les vampires.
La mythologie vampirique sur laquelle se fonde True Blood est beaucoup plus proche de Dracula que celle de Twilight. Les vampires brûlent la journée ; ils dorment dans des cercueils dans lesquels est placée la terre d'où ils ont été enterrés ; on se transforme uniquement si un vampire nous vide de notre sang, nous fait boire le sien et nous enterre avec lui. Seulement, il y a des écarts : les crucifix et l'eau bénite n'anéantissent pas un vampire et ce dernier a bien un reflet dans un miroir. Ces divergences sont assumés et traitées intelligemment : on nous explique qu'il s'agit de rumeurs qui ont été lancées par les vampires eux-mêmes pour les protéger – si l'on dit que les vampires n'ont pas de reflet et que vous en avez un, alors vous n'êtes pas un vampire. Élémentaire mon cher Watson !
Même si l'esthétique de son créateur transparaît dans cette nouvelle œuvre télévisuelle – on retrouve par exemple la même froideur de l'image de la série télévisée, la présence de l'homosexualité et son traitement humoristique, vraisemblable et original –, trois ans après Six Feet Under, Alan Ball continue d'innover et de refaçonner l'image de la série télévisée.
Le générique.
Tandis que la mode de ces dernières années, débutée avec Alias, était au générique réduit à un encart donnant le titre sur un fond neutre, comme Lost, ici Alan Ball nous livre un long générique de 1 minute 27, ce qui est extrêmement long quand on pense qu'un générique moyen dure 44 secondes – regardez par exemple celui des Experts. Celui-ci évacue complètement la présentation des acteurs pour un développement symbolique de la série en puissance. Nous avons une succession d'images montrant la Louisiane avec tout son mysticisme – ou en tout cas celui qu'Alan Ball cherche à développer – et son mystérieux. La musique, Bad Things de Jace Everett, est envoûtante, entêtante et génialissime. Elle porte ces images, leur donne du rythme et accompagne le téléspectateur dans la découverte toujours plus poussée de Bon Temps et ses habitants.
Le découpage.
Une mauvaise adaptation pourront crier sur tous les toits certains. Une génial innovation serais-je plus à même de dire.
En effet, il n'y a aucune intrigue, si ce n'est par saison, au moins par épisode. Le découpage de chaque début et fin d'épisode est abrupte et net, ce qui renforce encore plus la frustration du téléspectateur. L'absence de résumé au début de chaque épisode est déroutante. Avec une telle technique Alan Ball définit déjà son public : il recherche un spectateur attentif, intelligent et ouvert qui le suivra où qu'il aille.
La bande originale. [Écoutez-la ici]
Des images époustouflantes, une maîtrise du rythme à se rouler par terre, mais surtout une bande son jouissif. Encore une fois, dans la lignée de Six Feet Under, Alan Ball utilise la musique de manière originale. Elle ne s'inscrit plus dans une optique de promotion commerciale – on retrouve 99 % du temps des morceaux récents dans les séries, comme le dernier album de Madonna dans Ugly Betty – ou de comblement sonore, mais bien dans celle d'un accompagnement de l'œuvre. Elle sert tout autant que la photographie à enrichir l'identité de la série et ses fondements. On entend ainsi tout au long de la série, des morceaux de country qui est, rappelons-le, la musique préférée des américains, et principalement des américains du sud des États-Unis. Au-delà même de cette identité que la musique renforce, cette dernière devient un appui narratif indispensable : elle permet des décalages marquant l'ironie que l'auteur cherche à créer, elle permet d'accentuer la charge émotionnelle du récit sans pour autant faire appel à une petite musique orchestrale qui se veut légère mais qui a tendance à alourdir les situations – pensons par exemple à son traitement dans Plus belle la vie.
Le surnaturel/le réel.
Les épisodes d'une heure se suivent et se ressemblent, ne racontent rien d'extraordinaire. Seulement la vie de citadin du sud des États-Unis. Cela pourrait être tout à fait juste s'il n'était que la télépathie n'existe pas, les vampires non plus. Les épisodes se présentent comme une longue chronique de la vie ordinaire de personnes qui ne le sont pas. Ce qui déroute, au-delà d'un découpage que l'on n'attend pas à la télévision, c'est le traitement de ce surnaturel. Les images sont froides, les situations découpées au scalpel de la caméra comme s'il s'agissait d'un documentaire de Strip-tease. Le téléspectateur est totalement perdu. Où est le réel ? Où est le fantastique ? La distance entre l'écran et le canapé est rompue. Il ne s'agit plus d'y croire ou pas, mais de se dire « que ferais-je dans cette situation »?
La question du fantastique évacuée, il ne reste que des personnages qui se retrouvent dans des situations crédibles. Oui, Alan Ball a lu Aristote. Il l'a compris. L'important n'est pas de se dire si ça existe ou pas, mais si l'histoire tient la route. Et, oui, elle tient la route. On suit ces personnages tantôt insupportables, tantôt attachants, tantôt marrants, tantôt angoissants avec ardeur.
Est-ce une série fantastique ? Comique ? Dramatique ? À suspense ? On ne saurait le définir véritablement. La seule chose qui soit certaine c'est qu'il s'agit d'un OTNI (Objet Télévisuel Non-Identifié), un régal dont on ne peut s'empêcher d'être mordu.
Publié dans : Le point série
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Communauté : Serie TV Alliance
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